Colloque Ce Qui Compte Vraiment (Unesco)


L’association philanthropique« Ce qui compte vraiment »a été créée dans la lignée de la fondation espagnole Lo Que de Verdad Importaqui organise depuis 2007 des colloques dans les plus grandes villes d’Espagne à destination des jeunes, lycéens et étudiants. Depuis 2012 cette fondation s’est étendue à l’international en s’appuyant sur des associations locales (Mexique, Portugal, Autriche) et pour la première fois en France cette année !

Au cours de ces colloques, différents témoins, rescapés d’une tragédie, entrepreneurs, grands sportifs, fondateurs d’ONG… partagent à travers le récit de leur expérience, les valeurs qui les animent : le dépassement de soi, la solidarité, l’audace, la résilience, le courage…

Autant de valeurs universelles et humaines qu’il nous semble important de transmettre aux jeunes pour leur faire prendre conscience de l’importance de chaque vie et de ce qui compte vraiment.

Ce vendredi 5 avril pour son 1er colloque en France à l’UNESCO, ce sont 1.400 jeunes lycéens et collégiens d’Ile-de-France dont toute la promotion de Terminale de Rocroy (200 élèves) qui ont été accueillis pour découvrir les témoignages de Philippe Croizon, le Professeur Deloche et Anne-Dauphine Julliand.

Le colloque était placé sous le patronage de Philippe di Borgo (son histoire est à l’origine du film Intouchables) dont le témoignage vidéo donne le ton : avec humour, alors qu’il est tétraplégique, il recommande de faire comme lui un pas de côté afin d’identifier l’essentiel et d’accepter l’autre.

Premier témoin, Philippe Croizon, amputé à l’âge de 26 ans des quatre membres à la suite d’une grave électrocution, est reconnu aujourd’hui comme un aventurier de l’extrême.  Six ans après son accident, il traverse la Manche à la nage avant de relier les cinq continents. Il réalise le Paris-Dakar en 2017.

Son témoignage dynamique et plein d’humour n’en est pas moins riche de messages positifs pour le public.

Grâce à un incroyable courage, une volonté et un optimisme hors du commun, il choisit de vivre et de se reconstruire. Après avoir défini les cinq phases de la reconstruction que sont l’abnégation, la négociation, la dépression, la colère et l’acceptation, il revendique haut et fort que rien n’est impossible. Lui a réussi à remarcher, à conduire, à faire de la plongée et a relevé des défis sportifs de haut niveau… Il invite ainsi chacun à oser choisir de vivre sa vie quelles que soient les conditions. Il insiste sur l’importance d’exprimer ses émotions et de dire ses difficultés face à une telle épreuve. Surtout ne rien enfouir car le manque de communication est le pire poison !  Pour lui, « un handicapé est une personne capable, autrement ».

Monsieur l’Ambassadeur de France à l’Unescoqui accueille ce colloque est revenu sur le nom même du colloque pour rappeler que ce qui est important ce sont « eux » les jeunes présents dans la salle.

Pour lui, l’essentiel est de toujours garder confiance en soi et en les autres. Son discours, empreint d’humanisme, est basé sur l’ouverture à l’autre dans un souci de bienveillance, de respect et de dialogue en vue d’un enrichissement réciproque évoquant ainsi les grands champs d’actions de l’Unesco : l’éducation, la science et la culture.

Le Professeur Deloche, chirurgien cardiaque français, co-fondateur de Médecins du mondeavec son ami Bernard Kouchner et fondateur de La chaîne de l’Espoir, explique que ce qui compte vraiment pour lui, c’est le cœur… un muscle extraordinaire qui apparaît dès le 20èmejour de la conception, mais aussi comme centre de ce qui est humainement important. Marqué par son expérience asiatique à l’origine de la création de Médecins du monde,il évoque la différence entre les valeurs occidentales basées sur « l’avoir » et « le faire » par opposition à « l’être » et « l’amour » en Asie.

Pour lui, « le but est dans le Chemin » (Boudha) : On est libre de choisir mais il préconise l’envie de se dépasser, de vivre avec passion en étant vigilant à écouter les appels car il n’y en aura pas trente-six.

Puis, en bon Professeur de médecine, réputé cancre toute son enfance (il a raté plusieurs fois son Bac), il tient à préciser que si tout est possible, toute la ténacité, l’opiniâtreté, la conviction, l’indignation…, indispensables, ne suffisent pas à réussir sa mission : il faut aussi des compétences.

Anne-Dauphine Julliand, journaliste, écrivain, réalisatrice, mère de famille éprouvée par la perte de ses deux filles suite à une maladie neurologique dégénérative et déléguée de Ce qui compte vraimenten France, explique que « quand on ne peut pas rajouter de jours à la vie, il faut rajouter de la vie aux jours ».

Après avoir partagé son histoire familiale émouvante, Anne-Dauphine Julliand n’oublie pas qu’on est tous ou sera tous confrontés à des épreuves qu’il faudra surmonter pour avancer… pour cela, elle préconise de par son expérience de ne pas s’égarer dans les « Pourquoi ? » mais de chercher avant toute chose les « Comment ? » afin d’être le « capitaine de sa vie ».

A l’issue de cette longue mais riche, drôle et émouvante après-midi,les élèves et leurs enseignants sont ressortis dans la ville reprendre leur vie…avec des pistes de réflexion qui les accompagneront aujourd’hui ou demain.