Le confinement de notre communauté en témoignages

"L’autre et tous les autres...
Je tournais comme un lion en cage de ne pouvoir ni aller me promener ni aller travailler. Les quelques sorties alimentaires m’ont permis de faire connaissance avec des voisins sans domicile fixe, confinés à l’extérieur. Nous avons échangé de longs moments sur la situation du monde. Ils étaient profondément préoccupés par les autres, par tous les autres. L’amour de l’autre est humain et comme le christ nous l'a montré, sa présence est en tous, pour tous ceux qui savent s’ouvrir et partager. Maintenant que nous sommes déconfinés la première urgence est de revoir notre famille et nos amis mais je n’oublierais  jamais ces voisins sans maison, plein d’amour, chez qui j’ai découvert de nouveaux maillons de notre humanité.

Alexandre, parent d'élève"

Je vous partage un poème chanté par une grande icône libanaise « Feyrouz » qui dit ce que sont les signes de la présence de Dieu sur la terre: le don, la sagesse, l’amour en tout, l’altruisme, l’entraide et le cœur ouvert.                        

Caroline

https://youtu.be/BikyXBS7vBc

J’ai pris le temps de profiter pleinement de ma maison, de mon petit jardin et de la vue sur le clocher de l’église de mon quartier qui ,dans le silence, nous émerveille par le tintement de ses cloches.  Cela nous réchauffe le cœur, donne de la joie et amène à poser une réflexion sur soi-même. Le temps s’arrête un court moment et les esprits de tous se réunissent. Le confinement est aussi un évènement permettant de penser aux personnes isolées, seules et âgées, mais également de fortifier les liens entre proches et de redonner une importance au temps. J’ai aussi contacté des personnes âgées de mon quartier avec qui j’ai passé un agréable moment. Malgré l’isolement, le Seigneur nous invite à nous réunir par nos pensées et nos prières.                         

Un lycéen

Durant ce confinement, j’ai vécu beaucoup de choses. L’une de ces choses que je pourrais interpréter comme un signe de Dieu serait les retrouvailles en ligne que nous avons organisées avec des amis du collège. Cela nous a permis de nous revoir pour un moment, de voir que nous tenons beaucoup les uns aux autres, ce dont on ne se rend pas forcément compte lorsque nous nous voyons tous les jours. Nous avons discuté, partagé des points de vue sur différents sujets. Lors d’une discussion dans des conditions normales, on ne prend pas toujours le temps d’écouter les autres autant qu’on le devrait. Mais en cette période spéciale, pouvoir écouter ses amis est comme une bouée à laquelle on s’ancre pour ne pas oublier les bons moments que nous avons vécus.

Valérie

" Bruschett'amore"

Ahlala le confinement. Dur dur de ne pas laisser s'installer la routine, dans des journées qui peut être se ressemblent un peu. Et puis il y a le déjeuner et le dîner et le déjeuner et le dîner et ... 

Ce que le Seigneur a fait pour moi ? En faire (quand je ne m'énerve pas quand ma mère ne coupe pas les pommes de terre EXACTEMENT comme moi j'en ai l'habitude )des moments de rire et de communion, sans oublier la fameuse "créativité de l'amour"(dixit pape François tout d'même )! 

Et oui, ce temps de confinement est pour moi l'occasion de drôles de papotes avec ma mère, en cuistance! De saines pauses dans des journées de travail où l'on met les "mains dans la pâte" et l'on cisèle la menthe et la coriandre en se délectant de leurs odeurs divines . Et on loue le Seigneur d'avoir créé tout cela et de nous avoir donné le don de la créativité ! Celle-ci s'est exprimée avant-hier dans des "Bruschetta à l'italienne ",parsemées d'origan et de thym, au chèvre et à la tomate. Et nous vîmes que cela était BON .                 Laudato si o mi Signore ! 

Louise

Depuis le confinement, nous vivons un peu dans une bulle tous les deux avec nos deux parents. Nous sommes un peu coupés du reste du monde.  Ce repli sur nous –mêmes pourrait nous rendre égoïstes uniquement tournés sur notre petite vie.

Ce n’est pas le cas. Nous téléphonons tous les soirs aux divers membres de nos familles et ne ratons pas le rendez vous de 20 heures au cours duquel nous nous joignons avec nos voisins pour applaudir le personnel soignant mais aussi tous ceux qui nous permettent de rester confiner comme les caissières ou encore les éboueurs. C’est un moment de partage particulièrement fort avec des personnes que nous ne connaissons pas forcément.

Cette période de confinement ne nous a pas permis d’aller aux divers offices de la Semaine Sainte ou à la messe de Pâques. Nous reconnaissons que cela ne nous a pas permis de vivre pleinement ces moments importants. Toutefois nous avons assisté, grâce à la télévision,  à la cérémonie  du Cardinal de Paris seul dans Notre Dame avec quelques célébrants et à la messe du dimanche de Pâques du Pape. En ces moments la il nous a été pénible de ne pas être avec les divers membres de notre famille avec qui nous fêtons habituellement Pâques. Mais nous gardons espoir de les revoir très vite.

Marie, Matthis

La messe du dimanche est importante pour moi. Elle me permet de rencontrer Dieu à chaque fois, en tête à tête. Le confinement ne me permet plus bien sûr de pouvoir le faire, comme avant, en allant dans une église. Cependant, le prêtre de ma paroisse, pourtant d’une petite ville (3 800 habitants) dans un territoire très rural, a décidé de retransmettre la messe tous les jours sur Facebook, avec des moyens pourtant modestes, et de nous permettre de tous continuer à recevoir la présence de Dieu, jeunes ou personnes plus âgées, parfois très isolés.  
De plus, le prêtre nous a demandé de lui transmettre individuellement par mail chacun notre photo afin de l’accrocher sur chaque place dans l’église, et de pouvoir dire la messe devant chacun de nous, présents à chaque place mais aussi en direct, via Facebook !

Pendant cette période de confinement, Dieu continue à œuvrer en chacun de nous pour que nous restions en communion et que nous ne soyons pas séparés !  

 Un adulte de l’établissement   

Pendant le confinement, j’ai eu l’impression d’avoir un message de Dieu quand je prenais des nouvelles de mes proches, quand j’ai joué à un jeu de société avec ma sœur et quand je faisais la cuisine car ma mère était malade. J’ai éprouvé alors de l’amour.

Clément

Dans cette période exceptionnelle, bien évidemment nous continuons à prier et à garder la foi.

Merci également pour toutes les propositions et le magazine, le rendez-vous quotidien de la  communauté éducative. On n'a pas le temps de tout regarder mais de temps en temps ça fait du bien de réfléchir en lisant un article sur la planète, en cuisinant, en faisant quelque-chose de simple, ce qui n'arrivait pas souvent avant, c'est très motivant.

Clarence et Sacha

L'événement qui m'a apporté beaucoup de joie pendant ce confinement est le moment où mon poulain de 1an tout juste m'a accordé sa confiance toute entière. (Je passe mon confinement à la campagne auprès de lui) .

Alice

C’est un moment particulier dans la vie d’une femme que de donner naissance à un enfant. Mais parfois les choses se passent autrement, ce fut notre cas. Notre fils est arrivé par césarienne le 12 avril, à laquelle je n’ai pas pu assister. C’est une sage-femme qui m’a remis mon enfant tandis que ma femme était toujours en salle d’opération.

Je tenais de manière un peu gauche cette petite chose, vulnérable, légère et sans force, ce petit être ne semblait exister que par la présence de ses cris. Paradoxalement, je ne pensais qu’à le bercer afin de calmer ses pleurs et tout en le faisant, je me demandais si mon père avait également eu cette sensation à ma naissance.

Enfin le silence vint, ses pleurs avaient cessé et je vis son regard, ses yeux bleu-gris. Il ne semblait pas réaliser sa propre existence et bien sûr encore moins dans quel monde il arrivait. Comment le pourrait-il ?  

C’est ainsi que pendant une vingtaine de secondes, j’ai eu ce sentiment de sérénité, quelque chose au-dessus de nous, nous protégeait en ce dimanche de Pâques. J’ai dû quitter la maternité et n’ai pu les retrouver que 4 jours plus tard, mais j’étais persuadé que rien ne leur arriverait.                                                                 

Milan

Je n’y ai jamais réellement réfléchi. Disons que pour moi Jésus, c’est comme un grand frère. Il est le fils de dieu, notre père à tous, et il est prêt à tous les sacrifices par amour pour nous, et nous pardonne quoi que l’on fasse. Il n’attend rien de nous, et nous aime tout de même.

Sacha

En ce vendredi 27 mars 2020 devant mon écran, seul.

Le pape François apparait seul sur cette place Saint pierre battue par la pluie, derrière lui se tient le Christ de San Marcello. L’évangile lu (Saint Marc 4, 35-41) « Le soir venu », « Passons sur l’autre rive », « nous sommes perdus », « Comment n’avez-vous pas la foi ». De sa belle voix le pape en bon pasteur nous enseigne, je reçois ces mots en plein cœur. Le pape François entre dans la basilique. Il est face au Saint Sacrement. Je suis avec tous mes frères en union face au Christ Vivant ! Console-nous O Seigneur ! Donne-nous ton Esprit O Seigneur ! Ouvre-nous à l’espérance 0 Seigneur ! Le pape seul à l’entrée de Saint Pierre de Rome nous donne l’Indulgence Plénière au nom de Dieu le Père tout puissant et sa Bénédiction Urbi et Orbi. Les cloches sonnent tandis que l’on entend le bruit d’une ambulance. Un peu plus de 1 400 km sépare Paris de Rome. Je suis passée de la rive de la foi et de l’espérance !

Alexandra

J’étais en CE2, au catéchisme. On nous a proposé la baptême pour ceux qui ne l’étaient pas. J‘étais servante de l’assemblée. J’ai dit oui car je voulais faire pleinement partie de l’Eglise. Mon frère avait fait la même démarche que moi 3 ans plus tôt. En plus, ma meilleure amie la faisait en même temps que moi donc je n’étais pas seule, sans compter que ma mère se fit également baptiser en même temps.

Marie

Pour moi Jésus est Dieu : un espoir dans ce monde de violence, un espoir d’amour, de fraternité, et d’entraide. Il est rentré dans ma vie dès la petite section, à travers l’éveil à la foi, mais il n’était encore qu’un concept. En CE2, on m’a proposé le baptême. En y réfléchissant, je ne trouvais pas de plus belle philosophie que celle de Jésus et de l’Eglise. Après 2 années de catéchuménat, j’ai été baptisé à La Veillée Pascale de 2013, à Saint-Vincent de Paul. Puis, je suis devenu servant d’autel, je vais à diverses aumôneries et je me plais dans ma vie de chrétien.

Antoine